Nos millésimes

2022
2023
2024
2025
2022

« Une nouvelle aube »

Après un 2021 douloureux pour la Bourgogne, où le gel a marqué l’histoire récente par ses rendements faméliques, 2022 a été vécu comme un millésime de renouveau. L’hiver doux a favorisé un débourrement précoce, les gelées d’avril sont restées limitées, et la floraison début juin s’est déroulée dans d’excellentes conditions. L’été, particulièrement chaud, aurait pu rappeler 2003 ou 2018, mais les pluies de fin juin et de mi-août ont permis d’équilibrer la maturation. Les vendanges, commencées fin août, ont été précoces et généreuses : abondance et qualité se sont conjuguées, une rareté en Bourgogne.

Pour nous, 2022 fut un millésime charnière. C’est la première année où les vendanges ont été conduites sans Guy Bocard, après près d’un demi-siècle à la tête du domaine. La famille Derichebourg, qui a repris la propriété en 2018, a vu en 2022 la concrétisation des choix initiés dès la conversion en agriculture biologique. À la vigne, les pratiques respectueuses des sols et de la biodiversité ont permis aux ceps de mieux résister à la chaleur estivale.

En cave, les premières vinifications intégralement supervisées par Philippe Pacalet ont confirmé l’orientation nouvelle du domaine : pressurages longs, fermentations avec levures indigènes, usage parcimonieux du soufre, élevage patient dans un parc de fûts varié. Les vins de 2022 incarnent ce tournant stylistique : purs, droits, précis, mais généreux, avec une lecture claire de chaque terroir de Meursault.

Nos climats :

Haut de coteau (Narvaux, Auxey-Duresses 1er Cru Les Reugnes) :
Sur ces terroirs pierreux et pentus, la maturité fut plus lente. Les pluies d’août y ont joué un rôle crucial pour maintenir la fraîcheur. Les raisins y ont conservé une tension et une minéralité qui équilibrent la générosité du millésime.
Cœur de coteau (Limozin, Charmes 1er Cru, Genevrières 1er Cru) :
Parfaitement exposées, ces parcelles ont donné des grappes solaires, riches et dorées. Les sols argilo-calcaires ont su retenir l’humidité des pluies estivales, apportant un équilibre entre puissance et précision.
Bas de coteau et plaine (Meursault Vieilles Vignes, Bourgogne Côte d’Or, Aligoté) :
Plus argileux, ces sols ont bénéficié d’une meilleure rétention d’eau, donnant des rendements généreux et des maturités rapides. Ces parcelles reflètent le caractère gourmand et solaire de 2022.

Pour le domaine, 2022 symbolise une nouvelle ère : fidélité au terroir de Meursault, mais avec une vision modernisée, bio et exigeante.

2023

« Les enfants du soleil »

L’année a débuté sous des auspices différents : un hiver alternant froid et redoux a retardé le débourrement, protégeant la vigne des gelées de printemps. La floraison, début juin, fut homogène et rapide. L’été chaud, ponctué de quelques épisodes de grêle localisés, a confirmé le potentiel de maturité, mais a également révélé des contrastes entre sols légers et sols argileux. Les vendanges, entamées début septembre, ont permis d’entrer des raisins sains et homogènes, confirmant un millésime qualitatif, quoique plus hétérogène que 2022.

Au domaine, 2023 a confirmé la pertinence des choix engagés. La vigne, cultivée en bio, a montré une belle résilience face à la chaleur estivale et aux épisodes secs. La taille douce, l’ébourgeonnage rigoureux et les couverts végétaux ont aidé les sols à maintenir leur vitalité. Ce millésime a aussi permis d’affiner encore le travail initié par Philippe Pacalet : vinifications parcellaires précises, élevage patient et sans artifice, dans l’esprit d’une lecture fidèle de chaque climat.

Nos climats :

Haut de coteau (Narvaux, Auxey-Duresses 1er Cru) : La maturité plus lente a permis de préserver tension et acidité. Ces parcelles ont produit des raisins équilibrés, concentrés sans excès, traduisant la précision et la droiture du millésime.
Cœur de coteau (Limozin, Genevrières 1er Cru, Charmes 1er Cru) : Ces terroirs, régulièrement en avance, ont connu une maturité plus homogène, grâce à une bonne gestion de l’eau par les sols. Les raisins y furent dorés, réguliers, traduisant le classicisme élégant de 2023.
Bas de coteau et plaine (Vieilles Vignes, Bourgogne Côte d’Or, Aligoté) : Plus sensibles aux épisodes secs, ces parcelles ont connu des maturités parfois plus hétérogènes. Les pluies de fin d’été ont permis de rééquilibrer la situation, mais au prix de profils un peu plus contrastés que sur les coteaux.

2023 est un millésime de finesse et d’élégance, dans la lignée des 2017 et 2020. Là où 2022 avait offert une homogénéité solaire, 2023 met en lumière les spécificités de chaque terroir, donnant une lecture passionnante des climats de Meursault.

2024

« Tonnerre de Beaune »

L’année 2024 restera dans les mémoires comme l’une des plus capricieuses et délicates des dernières décennies en Bourgogne. Entre pluies persistantes, floraison perturbée par humidité et froid, et pressions mildiou élevées, les vignerons ont dû repousser leurs efforts à la limite. Les rendements ont chuté d’environ 25 % par rapport à 2023 dans la région. D’autres estimations, évoquent un recul de la production nationale de l’ordre de 22 %, ramenant l’ensemble à un niveau comparable à celui du catastrophique millésime 2021.

La floraison, ralentie par une météo fraîche et humide, a engendré un fort effet de coulure et un millerandage notable. Autant de phénomènes qui ont réduit les grappes et exigé une rigueur accrue au vignoble. La lutte contre les maladies s’est imposée, pour sauver la qualité des raisins au détriment du volume récolté.

C’est dans cet environnement exigeant qu’entre en scène la nouvelle génération du Domaine Guy Bocard : Pierre et Thomas, arrivés en début d’année 2023, prennent désormais les responsabilités tant à la vigne qu’à la cave, tout en étant toujours guidés par Philippe Pacalet.

Dans les vignes, leur travail minutieux a visé à limiter les risques liés à la pourriture et au stress hydrique : épamprage, distribution de l’herbe, effeuillage mesuré et nettoyage des grappes ont été appliqués avec détermination. Leur impetus : respecter la bio et extraire le meilleur de ce millésime compliqué.

En cave, la philosophie instaurée par Pacalet s’est avérée plus pertinente que jamais : fermentations lentes avec levures indigènes, élevages en douceur, peu d’interventions en cave… Seul objectif, tirer le meilleur du peu récolté, en respectant les caractéristiques du millésime. Cette dynamique marque une profonde continuité dans notre histoire, tout en imprimant une nouvelle vigueur au domaine.

Nos climats :

Haut de coteau (Narvaux, Auxey-Duresses 1er cru) :
Maturité lente, acidité préservée. Les sols drainants ont limité la pourriture, donnant des baies concentrées, tendues et fraîches.
Coeur de coteau (Charmes 1er Cru, Genevrières 1er Cru, Limozin) :
Bien exposées, les parcelles ont mieux résisté à l’humidité. Le cycle a été plus régulier, avec des raisins équilibrés malgré la pression climatique.
Bas de coteau et plaines (Vieilles Vignes, En La Barre, Bourgogne Côte d’Or, Aligoté) :
Sols argileux et humides ont rendu la maturation plus irrégulière. Le tri méticuleux a permis de limiter l’impact des maladies et de préserver ce qui avait du fruit sain.

2024 a demandé force et précision : des conditions climatiques exceptionnelles, faibles rendements et pression sanitaire maximale. À travers ce millésime rare, le domaine se révèle dans sa capacité de résilience, extrayant de très peu, un vin qui promet d’être singulier, concentré, honnête, un cri de terroir plus que jamais affirmé.

2025